"Le Regard d'Ulysse"


“Seul celui qui s’est regardé dans une autre âme peut se reconnaître”.

Un film tourné au début du siècle en Grèce montre trois vielles fileuses. Les trois Parques. C’est le premier film des frères Manakis. De brèves séquences tirées de ce film passeront plusieurs fois ; un film-citation dans le film. Grec exilé aux Etats-Unis, Ulysse observe du port où il se trouve un voilier blanc comme un songe, glissant de toute sa clarté sur la mer turquoise profond - Odyssée oblige. Il veut partir, voyager à la recherche des trois bobines non développées, films tournés par les frères Manakis. On sait que ceux-ci confièrent les trois bobines au Conservatoire de la cinémathèque de Yougoslavie, étant dans l’urgence de s’en défaire, poursuivis qu’ils étaient pour motifs politiques. Ils paraissaient, en les laissant, très émus, très attachés à ces trois films de début de siècle. Sur le port, un vieux photographe meurt brusquement. Partir, c’est mourir un peu et cette mort ne surprend ni Ulysse, ni son interlocuteur. La photographie va partir à la recherche des films. Le photographe ne meurt pas isolé dans son coin ; il est du voyage. Un voyage où le temps est celui de l’odyssée.

Ulysse est revenu en Grèce - après tout ce temps ! - , on y passe un de ses films.. Il est cinéaste. Il doit se cacher : le cinéaste à l’ombre pendant que les intégristes, en grappes le cernant, défilent en portant des lumières, un chant religieux aux lèvres. Une grappe qui, si on la presse, donnera un vin noir. A un collègue et ami, Ulysse dit qu’il va entreprendre un voyage personnel - l’odyssée peut-elle être autre chose - : il va chercher les trois bobines.

Invitation à l’Odyssée : une première “tragédienne grecque” aperçue par Ulysse en Grèce. Une femme-promesse. A l’abri de la pluie et des lumières bourdonnantes des intégristes (des bourdons empêchés de prendre leur envol), elle passe, tourne au coin de la rue. Ulysse : “Je ne m’attendais pas à te voir ici, maintenant, déjà”.

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1 commentaire:

Catherine a dit…

Ces essais ont été écrits pour le cinéaste Theo Angelopoulos, mais en étant l'auteur, je me permets de les poster sur ce blog littéraire.